Financeurs : projet Région Normandie et Fondation de France (2017 - 2021)

Partenaires scientifiques des Universités de Caen Normandie, de Rouen Normandie et de Bretagne Occidentale : LETG Caen, CIREVE, M2C Rouen, Idées, LETG Brest, LDO Brest, LETG Dinard.

Porteur du projet : S. Costa, LETG Caen


Objectif du projet

Sminaire raiv coteLes processus d’inondation constituent la forme la plus dangereuse et la plus coûteuse des risques naturels. Les espaces côtiers, topographiquement bas, sont naturellement sensibles aux inondations par la mer, par les cours d’eau, les remontées de nappe, ou les ruissellements urbains. Les villes côtières normandes, qui concentrent tous les aléas hydrologiques n’échappent pas à ce constat et ont déjà payé un lourd tribut (humain et financier) par le passé. Cette sensibilité à l’aléa inondation continentale et marine risque de s’aggraver dans un contexte de changement climatique induisant, d’une part, une élévation du niveau moyen des mers qui pourrait atteindre voire dépasser le mètre en 2100, et d’autre part, de possibles abats d’eau ponctuels et plus violents, favorables aux crues/inondations. De nouveaux défis s’imposent donc aux acteurs et décideurs qui se doivent de coordonner ces contraintes environnementales nouvelles, la complexité des procédures de l’aménagement ou de la protection des biens et des personnes, tout en maintenant l’attractivité des territoires.


Dans ce contexte, l’acceptation sociale des projets devient un enjeu fondamental qui dépend de l’appropriation de la connaissance par les acteurs du territoire. L’importance de l’aléa inondation et de sa possible aggravation conduit à revoir les politiques de gestion, notamment parfois la relocalisation des biens et des personnes. Ce type de projet impose une réflexion co-construite entre les scientifiques, les décideurs et les populations concernés, dont le point de départ est le partage d’une mémoire et d’une culture du risque.

C’est pourquoi, le projet RAIV COT qui rassemble des scientifiques issus de diverses disciplines (sciences physiques, sciences naturelles, sciences humaines) a pour objectifs :

-  d’améliorer la connaissance de l’aléa inondation marine et continentale actuel,
- d’étudier et de cartographier l’évolution de ces phénomènes dans le cadre d’un changement climatique et d’une élévation du niveau marin induite (modélisations),
- de diffuser les résultats de la recherche auprès des décideurs, des aménageurs et des populations en faisant appel à un outil novateur, la réalité virtuelle, qui permettra aux acteurs, d’une part, de « vivre ou revivre » les aléas actuels et ceux estimés dans le cadre du changement climatique, et d’autre part, de se promener dans leur paysage, voire dans leur possible ville côtière de demain.

 

4 sites tests en cours d’évaluation

La méthodologie est évaluée et consolidée au moyen d’une expérimentation auprès des acteurs locaux de 4 sites tests :

- une vallée drainée encadrée par des falaises crayeuses et faisant l’objet d’un projet de relocalisation des biens et des personnes en raison de problèmes d’inondations marines et continentales récurrentes : Quiberville / Sainte-Marguerite (Seine-Maritime, Normandie),
- une valleuse fortement touchée par les submersions de tempêtes par paquets de mer : Etretat (Seine-Maritime, Normandie),
- une large vallée au drainage difficile, dont la sensibilité aux inondations va particulièrement s’accroitre dans le cadre d’une élévation du niveau moyen de la mer : Villers-sur-Mer (Calvados, Normandie),
- des polders agricoles en cours de dépoldérisation naturelle, plage de sable de fond de baie dans une commune sensible aux submersions marines par rupture de barrage: Lancieux-Ploubalay (Côtes d’Armor, Bretagne)

 

Le partage des connaissances grâce à la réalité virtuelle

seminaire raiv cotA l’occasion du séminaire du 2 décembre 2019 organisé à l'Université de Caen Normandie, le consortium scientifique créé pour ce projet a partagé des connaissances sur l’aléa inondation marine et continentale auprès d’un public d’élus, d’aménageurs et de scientifiques sur certains sites : Etretat, Quiberville/Sainte-Marguerite, Dieppe, Villers-sur-mer, Lancieux. Le CIREVE a présenté des simulations d’inondation en réalité virtuelle sur Etretat. Pour la perception de la 3D, les images ont été diffusées en stéréoscopie. Deux images sont générées de manière à créer artificiellement le sentiment de relief que chacun ressent en réalité du fait que nous percevons la réalité à travers deux yeux. Le calage des deux points de vue, qui se fait naturellement chez l'homme dans le cerveau, est ici réalisé grâce à des lunettes stéréoscopiques actives.

 

Pour le lancement des simulations, un apex (souris 3D) est utilisé, en couplage avec des caméras infra-rouges situées en haut des écrans de la salle immersive. L'utilisateur peut ainsi tourner son regard à180° pendant la simulation d'inondation.

 

Simulation EtretatSalle ralit cireve

Lunettes

Plus d'infos :

Voir la présentation du projet lors du séminaire scientifique 2019 du ROL